viernes, 19 de marzo de 2010

Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine

Pensée des morts

Voilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon,
Voilà le vent qui s'élève
Et gémit dans le vallon,
Voilà l'errante hirondelle.
Qui rase du bout de l'aile:
L'eau dormante des marais,
Voilà l'enfant des chaumières
Qui glane sur les bruyères
Le bois tombé des forêts.

L'onde n'a plus le murmure,
Dont elle enchantait les bois ;
Sous des rameaux sans verdure.
Les oiseaux n'ont plus de voix ;
Le soir est près de l'aurore,
L'astre à peine vient d'éclore
Qu'il va terminer son tour,
Il jette par intervalle
Une heure de clarté pâle
Qu'on appelle encore un jour.

L'aube n'a plus de zéphire
Sous ses nuages dorés,
La pourpre du soir expire
Sur les flots décolorés.
La mer solitaire et vide
N'est plus qu'un désert aride
Où l'oeil cherche en vain l'esquif,
Et sur la grève plus sourde
La vague orageuse et lourde
N'a qu'un murmure plaintif.

La brebis sur les collines
Ne trouve plus le gazon,
Son agneau laisse aux épines
Les débris de sa toison,
La flûte aux accords champêtres
Ne réjouit plus les hêtres
Des airs de joie ou d'amour,
Toute herbe aux champs est glanée:
Ainsi finit une année,
Ainsi finissent nos jours!

C'est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants:
Ils tombent alors par mille,
Comme la plume inutile
Que l'aigle abandonne aux airs,
Lorsque des plumes nouvelles
Viennent réchauffer ses ailes
À l'approche des hivers.

C'est alors que ma paupière
Vous vit pâlir et mourir,
Tendres fruits qu'à la lumière
Dieu n'a pas laissé mûrir!
Quoique jeune sur la terre,
Je suis déjà solitaire
Parmi ceux de ma saison,
Et quand je dis en moi-même:
"Où sont ceux que ton coeur aime?
Je regarde le gazon."

Leur tombe est sur la colline,
Mon pied la sait ; la voilà!
Mais leur essence divine,
Mais eux, Seigneur, sont-ils là?
Jusqu'à l'indien rivage
Le ramier porte un message
Qu'il rapporte à nos climats ;
La voile passe et repasse,
Mais de son étroit espace
Leur âme ne revient pas.

Ah! quand les vents de l'automne
Sifflent dans les rameaux morts,
Quand le brin d'herbe frissonne,
Quand le pin rend ses accords,
Quand la cloche des ténèbres
Balance ses glas funèbres,
La nuit, à travers les bois,
A chaque vent qui s'élève,
A chaque flot sur la grève,
Je dis: N'es-tu pas leur voix?

Du moins si leur voix si pure
Est trop vague pour nos sens,
Leur âme en secret murmure
De plus intimes accents ;
Au fond des coeurs qui sommeillent,
Leurs souvenirs qui s'éveillent
Se pressent de tous côtés,
Comme d'arides feuillages
Que rapportent les orages
Au tronc qui les a portés!

C'est une mère ravie
A ses enfants dispersés,
Qui leur tend de l'autre vie
Ces bras qui les ont bercés ;
Des baisers sont sur sa bouche,
Sur ce sein qui fut leur couche
Son coeur les rappelle à soi ;
Des pleurs voilent son sourire,
Et son regard semble dire:
Vous aime-t-on comme moi?

C'est une jeune fiancée
Qui, le front ceint du bandeau,
N'emporta qu'une pensée
De sa jeunesse au tombeau ;
Triste, hélas! dans le ciel même,
Pour revoir celui qu'elle aime
Elle revient sur ses pas,
Et lui dit: Ma tombe est verte!
Sur cette terre déserte
Qu'attends-tu? Je n'y suis pas!

C'est un ami de l'enfance,
Qu'aux jours sombres du malheur
Nous prêta la Providence
Pour appuyer notre coeur ;
Il n'est plus ; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve
Et nous dit avec pitié:
Ami, si ton âme est pleine,
De ta joie ou de ta peine
Qui portera la moitié?

C'est l'ombre pâle d'un père
Qui mourut en nous nommant ;
C'est une soeur, c'est un frère,
Qui nous devance un moment ;
Sous notre heureuse demeure,
Avec celui qui les pleure,
Hélas! ils dormaient hier!
Et notre coeur doute encore,
Que le ver déjà dévore
Cette chair de notre chair !

L'enfant dont la mort cruelle
Vient de vider le berceau,
Qui tomba de la mamelle
Au lit glacé du tombeau ;
Tous ceux enfin dont la vie
Un jour ou l'autre ravie,
Emporte une part de nous,
Murmurent sous la poussière:
Vous qui voyez la lumière,
Vous souvenez-vous de nous?

Ah! vous pleurer est le bonheur suprême
Mânes chéris de quiconque a des pleurs!
Vous oublier c'est s'oublier soi-même:
N'êtes-vous pas un débris de nos coeurs?

En avançant dans notre obscur voyage,
Du doux passé l'horizon est plus beau,
En deux moitiés notre âme se partage,
Et la meilleure appartient au tombeau!

Dieu du pardon! leur Dieu! Dieu de leurs pères!
Toi que leur bouche a si souvent nommé!
Entends pour eux les larmes de leurs frères!
Prions pour eux, nous qu'ils ont tant aimé!

Ils t'ont prié pendant leur courte vie,
Ils ont souri quand tu les as frappés!
Ils ont crié: Que ta main soit bénie!
Dieu, tout espoir! les aurais-tu trompés?

Et cependant pourquoi ce long silence?
Nous auraient-ils oubliés sans retour?
N'aiment-ils plus? Ah! ce doute t'offense!
Et toi, mon Dieu, n'es-tu pas tout amour?

Mais, s'ils parlaient à l'ami qui les pleure,
S'ils nous disaient comment ils sont heureux,
De tes desseins nous devancerions l'heure,
Avant ton jour nous volerions vers eux.

Où vivent-ils? Quel astre, à leur paupière
Répand un jour plus durable et plus doux?
Vont-ils peupler ces îles de lumière?
Ou planent-ils entre le ciel et nous?

Sont-ils noyés dans l'éternelle flamme?
Ont-ils perdu ces doux noms d'ici-bas,
Ces noms de soeur et d'amante et de femme?
A ces appels ne répondront-ils pas?

Non, non, mon Dieu, si la céleste gloire
Leur eût ravi tout souvenir humain,
Tu nous aurais enlevé leur mémoire ;
Nos pleurs sur eux couleraient-ils en vain?

Ah! dans ton sein que leur âme se noie!
Mais garde-nous nos places dans leur cour ;
Eux qui jadis ont goûté notre joie,
Pouvons-nous être heureux sans leur bonheur?

Etends sur eux la main de ta clémence,
Ils ont péché; mais le ciel est un don!
Ils ont souffert; c'est une autre innocence!
Ils ont aimé; c'est le sceau du pardon!

Ils furent ce que nous sommes,
Poussière, jouet du vent!
Fragiles comme des hommes,
Faibles comme le néant!
Si leurs pieds souvent glissèrent,
Si leurs lèvres transgressèrent
Quelque lettre de ta loi,
Ô Père! ô juge suprême!
Ah! ne les vois pas eux-mêmes,
Ne regarde en eux que toi!

Si tu scrutes la poussière,
Elle s'enfuit à ta voix!
Si tu touches la lumière,
Elle ternira tes doigts!
Si ton oeil divin les sonde,
Les colonnes de ce monde
Et des cieux chancelleront:
Si tu dis à l'innocence:
Monte et plaide en ma présence!
Tes vertus se voileront.

Mais toi, Seigneur, tu possèdes
Ta propre immortalité !
Tout le bonheur que tu cèdes
Accroît ta félicité!
Tu dis au soleil d'éclore,
Et le jour ruisselle encore!
Tu dis au temps d'enfanter,
Et l'éternité docile,
Jetant les siècles par mille,
Les répand sans les compter!

Les mondes que tu répares
Devant toi vont rajeunir,
Et jamais tu ne sépares
Le passé de l'avenir ;
Tu vis! et tu vis! les âges,
Inégaux pour tes ouvrages,
Sont tous égaux sous ta main ;
Et jamais ta voix ne nomme,
Hélas! ces trois mots de l'homme:
Hier, aujourd'hui, demain!

Ô Père de la nature,
Source, abîme de tout bien,
Rien à toi ne se mesure,
Ah! ne te mesure à rien!
Mets, à divine clémence,
Mets ton poids dans la balance,
Si tu pèses le néant!
Triomphe, à vertu suprême!
En te contemplant toi-même,
Triomphe en nous pardonnant!


Meditación sobre los muertos


Ved las hojas que ya no tienen savia
y que caen encima de la hierba;
ved el viento que se alza con su voz
gemebunda, que suena por el valle;
ved también la viajera golondrina
que roza con las puntas de sus alas
el agua adormecida del pantano;
ved al niño que vive en una choza
y que va a recoger entre los brezos
esas ramas caídas de los bosques.

Ya no se oye el murmullo de las aguas
que encantaba a las fuertes arboledas;
bajo ramas que no tienen verdor
han perdido los pájaros su voz;
el crepúsculo está cerca del alba;
apenas nace el sol a nuestros ojos
cuando va a terminar su recorrido;
antes de su final aún nos depara
claridades muy pálidas y breves
a las que llamaremos todo un día.

No se siente ya el céfiro en la aurora
bajo sus nubes de color dorado;
y el rojo del crepúsculo se muere
sobre el agua incolora de la tarde.
El mar está vacío y solitario,
le vemos como un árido desierto
en el cual no hay ni sombra de un esquife;
y con sordo sonido allí en la playa
las olas borrascosas y tardías
no son más que un murmullo quejumbroso.

La oveja que recorre las colinas
a su paso no encuentra hierba alguna;
su cordero ha dejado entre las zarzas
las lanosas guedejas que le visten;
la flauta de la música campestre
ya nunca más alegrará el hayedo
con tonadas de júbilo o de amores;
han cortado la hierba de los campos:
ved cómo acaba un año, ved también
cómo acaba en tristeza nuestra vida.

Es ésta la estación que todo troncha
por la fuerza impetuosa de los vientos;
un aquilón que viene de la tumba
siega también a todo ser viviente;
se desploman entonces por millares
como si fueran esa pluma inútil
que el águila abandona mientras vuela
cuando otras plumas nuevas han nacido
que calientan sus alas otra vez
al acercarse el frío del invierno.

En ese tiempo fue cuando mis ojos
palidecer os vieron y morir,
¡oh tiernos frutos que no quiso Dios
dejar que madurasen a la luz!
A pesar de ser joven, en la tierra
me he convertido ya en un solitario
entre aquellos que son de mi edad misma.
Y cuantas veces llego a preguntarme:
¿Dónde están los que ha amado el corazón?
la mirada se vuelve hacia la hierba.

En aquella colina está su tumba,
bien conocen mis pies este camino;
pero, Señor, su esencia que es divina,
ellos mismos, Señor, ¿están allí?
Hasta las tierras indias tan lejanas
una paloma lleva su mensaje,
y acaba por volver hasta nosotros.
La vela cruza el mar y al fin regresa.
Mas del estrecho espacio que ahora ocupan
jamás puede volver el alma suya.

Pero, ay, cuando los vientos del otoño
silban entre el ramaje ya desnudo,
cuando tiemblan las briznas de la hierba,
cuando oímos la música del pino,
cuando el doblar de la campana oscura»
deja oír sus lamentos funerarios,
en la noche y en medio de los bosques,
a cada viento que levanta el soplo,
a cada ola que muere entre los guijos,
yo pregunto: ¿No sois su voz acaso?

Al menos, si su voz siendo tan pura
es a nuestros sentidos inaudible,
sé que su alma en secreto me murmura
más íntimos acentos todavía.
En unos corazones que dormitan
los recuerdos de antaño al despertar
se agolpan tumultuosos, en tropel,
como unas hojas secas y sin vida
que vuelven a traer esas tormentas
al tronco que las tuvo entre en sus ramas.

Es una madre que maravillada
a sus hijos dispersos para siempre
desde la otra ribera de la vida
tiende brazos que un día los mecieron;
hay besos que florecen en su boca;
sobre el pecho que un día fue su cuna
su corazón a sí vuelve a llamarlos;
hay lágrimas que empañan su sonrisa,
y les dice mil veces su mirada:
¿Es que hay alguien que os ame como yo?

O es acaso una joven desposada
con corona nupcial sobre la frente
que se llevó tan sólo un pensamiento
de lo que era ser joven a la tumba.
Y que, ay, está triste hasta en el cielo,
para volver a ver a aquel que ama,
y retorna hacia él para decirle:
¡Mi tumba está cubierta de verdor!
En esta tierra que es como un desierto,
dime, ¿qué esperas? ¡Yo no estoy contigo!

O es tal vez un amigo de la infancia
que en los días oscuros de desdicha
nos prestó la benigna Providencia
como sostén de nuestro corazón;
ya no está aquí, nuestra alma es como viuda;
sigue los pasos de tan dura prueba
y nos dice movido a compasión:
Amigo, si en tu alma ya rebosa
el júbilo o acaso la aflicción,
¿quién comparte contigo todo eso?

Es la sombra muy pálida de un padre
que murió pronunciando nuestro nombre;
o es tal vez una hermana o un hermano
que anticipan sus pasos a los nuestros.
Bajo el techo de nuestra feliz casa,
con aquel que ahora llora por su ausencia,
¡ay, parece que ayer aún dormían!
Y el corazón no sabe si creer
que el gusano devora en el sepulcro
esta carne que es carne también mía.

O el niño cuya muerte tan cruel
una cuna vacía deja pronto,
y cae de los pechos de su madre
a la helada yacija de la tumba.
Todos aquellos, pues, cuya existencia
se nos arrebató un día u otro,
llevándose una parte de nosotros,
murmuran desde el polvo que los cubre:
¡Oh vosotros que veis aún la luz!
¿os acordáis tal vez de los ausentes?

Ah, sé bien que lloraros es la dicha suprema,
espíritus amados, de quien puede llorar.
Si os olvido me olvido de mí mismo también.
¿Es que no sois acaso como un pecio de mi alma?

A medida que andamos en el viaje sombrío
es más bello el paisaje del pasado feliz.
Y partida por dos se divide nuestra alma,
y la parte mejor pertenece al sepulcro.

Dios benigno, su Dios, oh tú, Dios de tus padres,
tantas veces nombrado por su boca silente,
mira ahora las lágrimas de sus rostros fraternos,
¡oh, recemos por ellos, que nos dieron su amor!

Ellos te suplicaron en su vida tan corta,
sonreían también cuando Tú les heriste;
exclamaron: Bendita sea siempre tu mano.
Oh, Dios, toda esperanza, ¿no les vas a ser fiel?

Y no obstante, ¿por qué este largo silencio?
¿Es que acaso nos han olvidado del todo?
¿Ya no pueden amar? ¡Ah, esa duda te ofende!
¡Oh, Dios mío, Tú que eres todo amor para siempre!

Pero si ellos hablasen al mortal que les llora,
si pudieran decirnos lo dichosos que son,
viviríamos antes lo que Tú nos preparas,
volaríamos antes de tu día hacia ellos.

¿Dónde viven? Di, ¿qué astro ilumina sus ojos
con fulgores perennes y más dulces que el sol?
¿Van acaso a poblar esas islas de luz?
¿O se quedan flotando entre el cielo y nosotros?

¿Es que están anegados en el fuego eternal?
¿Han perdido los dulces nombres de nuestra tierra,
esos nombres de hermana o de amante o de esposa?
¿Por qué a nuestras llamadas no responden jamás?

No es posible, Dios mío, si la gloria celeste
les hubiese borrado los humanos recuerdos,
Tú también nos quitaras su memoria en nosotros;
¿es que en vano vertemos nuestro llanto por ellos?

¡Ah, que se pierda su alma en tu seno divino,
pero que conservemos en su pecho un lugar!
Ya que antaño gozaron de lo que es nuestro júbilo,
sin su dicha jamás vamos a ser felices.

¡Oh, sí, extiende sobre ellos esa mano clemente!
Es verdad que pecaron, pero el cielo es un don.
Y sufrieron también, y ésta es otra inocencia.
Y al amar les selló el perdón de los cielos.

Fueron lo mismo que nosotros somos,
sólo polvo y juguete de los vientos.
Frágiles como siempre son los hombres,
débiles como ha de ser la misma nada.
Si sus pies a menudo tropezaron,
si sus labios pudieron transgredir
algún punto concreto de tu ley,
¡Oh Padre, oh Juez supremo, te lo ruego,
ah, no veas en ellos cómo son,
ve solamente en ellos a ti mismo!

Si remueves el polvo de los cuerpos
el polvo será nada ante tu voz.
Y si alargas la mano hacia la luz
su falsedad te manchará los dedos.
Si tus ojos divinos sondearan
los hombres, las columnas de este mundo
y del cielo verías que retiemblan;
si dijeses un día a la inocencia:
Sube a la altura a defender tu causa,
velarían su rostro tus virtudes.

Pero, Señor, sé bien que Tú posees
una inmortalidad que es algo propio.
Toda la dicha que Tú das a otro
no hace más que aumentar tu propia dicha.
Tú dijiste al sol: brilla sobre el mundo
y la luz se derrama todavía.
Tú dijiste a los tiempos que engendraran,
y dócil a tu voz la eternidad
hizo siglos y siglos por millares,
sin tregua sucediéndose hasta hoy.

Los mundos que Tú quieres restaurar
sin fin rejuvenecen ante ti,
no separas jamás ante tus ojos
el tiempo del pasado y el futuro.
Eres la vida, vives, las edades
que para tus hechuras son distintas,
para ti son iguales, son lo mismo.
Y tus labios jamás han pronunciado
ay, estas tres palabras tan humanas:
que decimos: ayer, hoy y mañana.
¡Oh, Tú, Padre de la naturaleza,
abismo y manantial de todo bien,
nada puede medirse por ti mismo!

Más, ay, no quieras Tú medirte a nada.
¡Oh, divina clemencia, te suplico
que si pesas la nada no te olvides
de echar todo tu peso en la balanza!
¡Oh, suprema virtud, triunfa, pues,
contemplándote a ti en toda virtud,
oh, sí, triunfa al querernos perdonar!

jueves, 18 de marzo de 2010

Adiciones a mi trabajo sobre Astronomía en Castilla-La Mancha

Como nunca ceso de intentar perfeccionar mis trabajos, acumulo una serie de notas complementarias cuando tropiezo con alguna información que se me hubiera escapado sobre la materia tratada y la deposito en una carpeta de ordenador determinada, para reesbribirlos en el futuro con más datos. Del trabajo precitado hay dos omisiones importantes; la mayor atañe al sacerdote, matemático y astrónomo José Reguero Argüelles, sobrino del famoso político Agustín Argüelles, aunque es asturiano (Villaviciosa, 1803 - Toledo, 1853) porque publicó en Toledo unas obras eminentes sobre la materia bajo la protección de su familiar, el obispo de Zamora Pedro Inguanzo y Rivero; ya arzobispo de Toledo, este le designó racionero del arzobispado y más tarde consejero del gobierno de la jurisdicción eclesiástica. Allí publicó su libro Uranografía vulgar, un mapa celeste que le reportó no poca fama y propició se le diera una cátedra de matemáticas en el recién nacido instituto de segunda enseñanza, así como el cargo de vicerrector. Publicó también, pero en Madrid, los tres tomos de su Astronomía física. El concordato de 1851 suprimió la clase de los racioneros, pero se le dio una canonjía al año siguiente, que obtuvo con la dignidad de capitular y en la que estuvo poco tiempo, puesto que falleció el 5 de noviembre de 1853; como era liberal, tuvo algunos encontronazos con lel clero conservador y carlista. Su obra es la siguiente:
  • Uranografía vulgar, ó sea representación clara y palpable del mecanismo celeste. Toledo: Editorial J. de Cra. 1842.
  • Astronomía física. Nociones de esta ciencia sublime, dirigidas a ponerla al alcance de todos, y á preparar al estudio elemental de la misma. Madrid, 1850-51, 3 tomos, 672p. + 638p. + 397p. 7 láminas plegadas.
  • Apología del justo medio: Discurso político, calmante de excitación, conciliador de extremados partidos, lo dirige a un amigo y lo ofrece al público el licenciado... (Toledo, 1836).
  • Brevísimas reflexiones sobre el discurso que, contra la intolerancia de cultos religiosos, pronunció un ilustre diputado en la sesión de Cortes el 13 de diciembre de 1836 (Toledo: Imp. de D. J. de Cea, 1837).
  • Máximas y verdaderos principios del Derecho público canónico que sirven de bases preliminares al Tratado y concordia entre el sacerdocio y el imperio (Toledo, 1838).
  • La Religión y las Ciencias, o sean, principales puntos de contacto de la religión con las ciencias en general y especialmente con la Astronomía (Madrid: Impr. y casa de la Unión Comercial, 1843), 2 vols.
La segunda nota importante tiene que ver con otra omisión, los Apuntes de Cosmología de Liborio G. Tapia, licenciado en ciencias y profesor en mi instituto, que fueron impresos en Establecimiento tipográfico "La Enseñanza" de Ciudad Real, en la calle Toledo número 5, en 1895, cien páginas de densa letrilla. Ya menor importancia tiene Fray Alonso Gutiérrez de la Veracruz, del siglo XVI, era de Caspueñas, 1504, Guadalajara, estudió gramática y retórica en Alcalá de Henares y luego Artes y Teología en Salamanca; allí tuvo como maestros a Francisco de Vitoria y Domingo de Soto y dejó una cátedra en Salamanca para vestir el hábito agustino y predicar en Méjico, a donde fue en 1536; en la universidad novohispana fue catedrático de prima y al parecer dejó inéditos escritos contra las patrañas de los astrólogos a su muerte, pues eso cuenta Juan Catalina en su El libro de la provincia de Guadalajara, p. 142

El Mundo está endeudado hasta las cejas y los estadounidenses compran el periódico El País y PRISA en general

Noticia de su enemigo El País sobre El Mundo:

RCS, el grupo italiano que edita en España El Mundo, sufrió en 2009 unas pérdidas sin precedentes, en parte lastrado por los pésimos resultados de su filial española. El endeudamiento del grupo supone ya el equivalente a casi 30 veces el resultado bruto de explotación (EBITDA) del ejercicio. El grupo, además, tiene pérdidas netas de explotación, lo que significa que el resultado de su negocio no le permite siquiera hacer frente a los intereses de su abultada deuda, ni contando con la venta de activos durante el periodo.

El grupo editor de El Mundo ha publicado esta tarde desde Milán sus pésimos resultados del ejercicio 2009. La empresa italiana que controla el diario español sufrió unas pérdidas sin precedentes de 129,7 millones de euros, frente a los beneficios de 38,3 millones del año anterior. El deterioro de la cuenta de resultados se ha acentuado a medida que avanzaba el año, de modo que en el cuarto trimestre sufrió pérdidas de 56,5 millones, en comparación con los beneficios de 18 millones en el cuarto trimestre de 2008.

El giro hacia los números rojos es aún más brusco si a lo que se atiende es a los resultados del negocio en sí. Frente a un resultado neto de explotación (EBIT) positivo de 130,1 millones de euros en 2008, RCS ha pasado a tener unas pérdidas netas de explotación de 97,1 millones. El resultado bruto de explotación (EBITDA), por su parte, se ha reducido un 86% desde 247,3 hasta 35,7 millones de euros. Eso significa que el endeudamiento del grupo, de 1.057 millones, representa ya casi 30 veces el resultado bruto de explotación. Los resultados del grupo, por tanto, no permiten ni siquiera cubrir el pago de los intereses de su abultada deuda.

Parte de los malos resultados de RCS se deben al pésimo comportamiento de la filial española, Unidad Editorial, cuyos ingresos se han desplomado. RCS señala que El Mundo aún se mantiene como el segundo diario de información general, aunque el Abc se le acerca cada vez más en la disputa por esa segunda plaza, debido a la caída de difusión de El Mundo.

Pese a la reducción de plantilla, la venta de activos y los planes de eficiencia, Unidad Editorial sigue un año más en pérdidas. En este caso, los números rojos alcanzan ya al resultado neto de explotación (EBIT), que supone unas pérdidas de 17,9 millones de euros, frente a los beneficios de 22,2 millones de esa partida en el año anterior. Eso es antes de contabilizar los intereses devengados por su elevada deuda. El negocio de la editora de El Mundo no permite hacer frente siquiera a los intereses de esa deuda. De todos modos, el grupo ha preferido no hacer público el resultado neto de Unidad Editorial, que en años anteriores reconoció que necesitaba para su supervivencia el apoyo financiero de su matriz italiana, dada su elevada deuda y su incapacidad para hacer frente a ella por sí misma.

Rafael Cid, "El capital norteamericano compra El País", en Radio Klara

Será que “perro no muerde a perro”. O porque “entre bomberos no se pisan las mangueras”. Pero el silencio de los medios de comunicación con la “deslocalización” de capital que se ha producido en el diario El País demuestra la poca consideración que la prensa tiene hacia sus lectores. El diario español de referencia ha cambiado de dueños y nadie en la galaxia mediática se atreve a proclamarlo sacando las consecuencias oportunas. Porque si el periódico más importante del mundo en lengua española, el diario paradigma de la democracia posfranquista y el “pensador orgánico” de la transición pasa a manos norteamericanas es un síntoma de otros episodios traumáticos en perspectiva. El anuncio de un nuevo ciclo político.

El golpe financiero que ha acabado con el “clan Polanco” se produjo el pasado viernes 6 de marzo, cuando el propio rotativo informó de la entrada de una sociedad de capital riesgo estadounidense en su accionariado. “Prisa captará hasta 660 millones mediante un pacto con Liberty”, decía el decano de la prensa juancarlista en un confuso titular que no conseguía disimular la realidad : el grupo fundado por Jesús de Polanco había sido vendido a la sociedad Liberty Acquisitión Holdings (LAH). El nuevo reparto del capital, una vez consumada la operación, dejará a los antiguos propietarios sólo el 30 por ciento de las acciones, quedando la mayoría de control en manos de Nicolas Berggruen y Martín E. Franklin, consejero delegado y presidente, respectivamente, de corporación inversora LAH.

El cambio de Prisa en la órbita de los intereses norteamericanos ilumina la operativa del grupo en el mercado latinoamericano, el patio trasero de EE.UU, desde que sus directivos centraron su expansión en la compra de empresas informativas sudamericanas, a la par que el BBV y el BSCH hacían otro tanto en sus propios ámbitos de negocio. Incluso la entrada de Prisa en el accionariado Le Monde puede entenderse desde esa lógica, ya que este órgano de prensa europeo es el de mayor influencia en el subcontinente tras El País. Por no hablar de la línea de máxima beligerancia crítica asumida por Prisa con los regímenes populares y socializantes de la zona, como Venezuela y Bolivia, países donde la petrolera española Repsol tiene fuertes intereses.

La operación de venta de El País a la sociedad norteamericana para hacer frente a los próximos vencimientos generados por la deuda de casi 5.000 millones de euros que el grupo acumula, sigue a otras similares, como la toma del 4,5 por 100 de su capital por la también norteamericana IBN en agosto pasado por 37 millones o la más reciente de compra del 80 por 100 de la televisión La Cuatro por la Mediaset de Berlusconi por 600 millones, que incluía además la toma de una participación en Digital Plus. El control de Prisa por LAH ha estado precedido por el nombramiento de Kamal M. Bherwani, ex consejero de Salud y Servicios Humanos de la ciudad de Nueva York, como director general del Área Digital del hasta ahora mayor grupo informativo español.

La pista norteamericana en El País se inició hace tiempo, cuando el diario incorporó en sus páginas una selección semanal de artículos del influyente New York Times, medio estadounidense del que el financiero mexicano Carlos Slim posee el 12 por 100 del capital. Felipe González, amigo íntimo de Juan Luis Cebrián, es un estrecho colaborador de Slim, que según la revista Forbes figura en la actualidad como la segunda mayor fortuna del mundo. Habrá que ver a qué proyecto político, y quizá dinástico, servirá ahora el nuevo El País hispanonorteamericano.

Neoburgueses

Andrea Ricci, El País, 18-III-2010:

La expansión de las clases medias en los países emergentes avanza a un ritmo vertiginoso. El crecimiento económico sostenido de muchos países muy poblados está impulsando el ascenso social de grandes masas. Más de 1.840 millones de personas viven ya en hogares con una renta por habitante de entre 10 y 100 dólares al día, según un estudio publicado recientemente por la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económico (OCDE). En 2000, eran 1.360, sólo 140 millones más que en 1992, aclara Homi Kharas, economista autor del estudio. Utilizando otros parámetros, algunos analistas calculan que la mitad de la población mundial pertenece a la clase media. Los datos difieren según el criterio elegido, pero nadie discute la tremenda aceleración del avance burgués en la última década.

Muchos analistas y políticos vinculan a esta histórica y asombrosa elevación social esperanzas de una expansión y arraigamiento de la democracia y las libertades civiles. En Occidente, en siglos pasados, precisamente las clases burguesas fueron alma y músculo del desarrollo liberal. Sin embargo, tras una etapa de notable crecimiento a principios de los noventa, el número de democracias en el mundo es hoy igual que en 1995: 116, según la prestigiosa Freedom House, institución fundada en 1941 y con sede en Washington.

Al final de una década de fuerte desarrollo, las clases medias de países tan relevantes como China o Rusia siguen pareciendo más aquiescentes ante regímenes autoritarios que garanticen estabilidad, que ansiosas por conquistar nuevas parcelas de libertad. ¿Por qué no siguen el camino de sus antecesores occidentales?

"Estas nuevas clases medias en países emergentes son todavía frágiles y temen la inestabilidad. Están dispuestas a aceptar regímenes autoritarios que ofrezcan orden, a cambio de que éstos no frustren con excesiva corrupción y clientelismo su ambición de avance social, su aspiración a competir en igualdad de condiciones y su deseo de transmitir a los hijos un futuro mejor", opina el historiador británico Lawrence James, autor de The middle class: a history, en conversación telefónica desde Oxford.

Cada país tiene sus características, y los obstáculos al camino democrático en un país islámico no son los mismos que en un régimen comunista o una dictadura militar. Pero existen rasgos comunes en un grupo social que, en el fondo, persigue los mismos intereses en todas partes. La preocupación de los neoburgueses por conservar los logros recientes, por ejemplo, es un esquema clásico. Como señala James, oficinistas y profesionales chinos, rusos o vietnamitas deben de sentir ahora algo muy parecido a lo que muchos españoles sintieron en los años sesenta.

Los neoburgueses, sin embargo, tienen un potencial obstáculo ulterior en el camino a la plenitud democrática y al Estado de derecho. Las burguesías occidentales que arrollaron inexorablemente un régimen tras otro son cuerpos sociales dotados de una profunda espina dorsal, que tiene su raíz en el pensamiento griego y el derecho romano; continúa con la Carta Magna británica, el Renacimiento y la Ilustración; y culmina con las revoluciones francesas y americanas. La falta de ese bagaje podría complicar el viaje de los nuevos burgueses.

Una encuesta del Pew Global Attitudes Project publicada el año pasado ofrece datos interesantes al respecto. El estudio, centrado en 13 países emergentes, sugiere que sus clases medias desean con mayor intensidad que sus conciudadanos más pobres el establecimiento de la democracia y el respeto de las libertades civiles. El desfase entre el grupo social medio y el bajo se repite con distancias significativas en casi todos los apartados del sondeo. En Rusia, por ejemplo, el 51% de la clase media cree que es "muy importante" que las elecciones sean limpias. Sólo el 37% de la clase baja lo cree así.

Sin embargo, las variaciones entre países son muy grandes. Al 51% de Rusia o de Egipto, se corresponde un 80% en Chile y un 69% en Brasil. La base de impulso de reformas democráticas en algunos países es muy inferior que en otros. El bienestar va acompañado de una mayor sensibilidad democrática y liberal, pero el punto de partida sí pesa para alcanzar una masa crítica, un umbral que desencadene la lucha política.

"El desarrollo económico es naturalmente un aspecto de importancia fundamental, pero no lo es todo. El bagaje cultural también importa", considera Richard Wike, director adjunto del Pew Global Attitudes Project, desde Washington. "El desarrollo facilita y sostiene la democracia, pero no la garantiza".

Homi Kharas -que trabaja en The Brookings Institution y ha publicado de The emerging middle class in developing countries en enero- considera, sin embargo, que la cuestión cultural no es muy relevante. "Creo que en definitiva siempre son los intereses materiales los que empujan a luchar. Las clases medias que han luchado en el pasado no lo han hecho por ideas abstractas, sino en vista de beneficios concretos", dice Kharas, desde Washington. "Es cierto que estas clases no han cosechado claros avances políticos, pero sí han logrado la expansión de las libertades económicas, que es lo que más les ha interesado hasta ahora. Han tenido un impacto, aunque no han hecho que cayeran regímenes".

"La herencia cultural tiene su importancia", argumenta James, "y algunos países emergentes cuentan con la semilla de los valores del Estado de derecho sembrada desde la etapa colonial. Pero para que se produzcan empujones contra regímenes a menudo dispuestos a utilizar la fuerza son necesarios puntos de ruptura, elementos de exasperación. Un caso típico es la excesiva corrupción de un régimen, que afecta a la vida cotidiana, obstaculiza los negocios y desata la rebelión", apunta James. Es significativo recordar en esa óptica el actual esfuerzo del Kremlin y del Partido Comunista chino para frenar la corrupción local.

Con inteligencia, muchos regímenes han ablandado puntos de fricción con esas clases que pueden arrasarlos con la fuerza de una oleada. La exitosa fase de expansión de la democracia en Europa del Este tras la caída del muro de Berlín -en la que el número de países democráticos pasó de 76 a 118 entre 1990 y 1996- fue un abrazo deseado durante décadas de opresión y penurias. Ahora, una mezcla hábil de creciente bienestar y formas de control menos opresivas pueden garantizar a los regímenes autoritarios que las clases medias se queden mansas en el plano político.

Historias positivas no faltan, las clases medias tienen mucho que ver con el admirable rumbo democrático seguido por grandes países como Brasil o Indonesia, pero el dato estadístico de Freedom House pesa como una piedra: 116 democracias hoy, igual que en 1996. Entonces, había 600 millones de burgueses menos en el mundo.

Del cajero automático al profesor automático

Supongo que la fusión hombre-máquina, denunciada por tan pocos, terminará por alienarnos a todos. A un cajero automático no se le puede pedir que razone sino a conveniencia de su programador; es de suponer que a un profesor tautomático tampoco. Hasta ahora nos hemos librado de la publicidad en los libros, porque los libros no interesan a quienes quieren hacer dinero, como tampoco hay publicidad en los rollos de papel higiénico; la cultura y la mierda vienen a ser lo mismo para los capitalistas, y de hecho por ahí hay algún artista italiano, Piero Manzoni, que enlató su mierda en 1961 con el marchamo y marca registrada Merda d'artista y la vendió muy bien. Cuando haya libros de texto electrónicos, ordenadores y pizarras digitales, y haya que hablar con el profe, si es que para entonces lo hay y no un servomecanismo de ayuda, a través de pantallas, contraseñas, chats y correo electrónico, ganaremos algo en el sentido de que ya no te juzgarán por la apariencia, con lo que también ganaremos en ecuanimidad, pero también perderemos algo más que los prejuicios, la facultad para alterar las reglas de la sociedad y adaptarlas al ser humano más propio, menos homogéneo y masificado, al ser humano más humano y menos cosa, menos otro. Contra una máquina es imposible rebelarse, y a veces incluso imposible destruirla, como tampoco lo es seducirla, rogarle o hacerla copartícipe de pasiones y sentimientos. Las máquinas nos dejarán en paro y, lo que es peor, mano bajo la mandíbula, reflexionando sobre nosotros mismos, pensando cómo hemos podido llegar a esto, haciéndonos más humanos con ese paro que es una detención y con ese frustramiento mecánico. Al hombre le han crecido más extremidades, más órganos, y con tantos apéndices, sin embargo, se desplaza dificultosamente y sin ver apenas, como un pulpo envuelto a en su niebla de tinta oscura. Hasta en el sexo el fetichismo y los artículos están transformando las relaciones humanas en relaciones de consumo, de usar y tirar, fragmentándolo todo y haciéndonos perder nuestra entereza, nuestra integridad, lo que nos hace únicos. Utilizo la internet para comunicarme, pero internet tiene también sus límites, límites meramente humanos, como posee horizonte reductor cualquier mirada; resultará entonces que la entrerred o entretela será una cárcel sin puertas, una urdimbre hecha de pasillos, túneles, llaves y procedimientos de paso que nos aísla en nuestra propia libertad.

miércoles, 17 de marzo de 2010

Votar en Francia



De Le Monde, hoy:
  • "Le non-vote est également un droit", par Louis

Certes ma "carrière" d'électeur est courte. A peine 20 ans et déjà je suis confronté à l'abstentionnisme, moi le passionné de politique. Je suis chaque élection avec beaucoup d'attention et pourtant, je n'ai jamais été voté. Manque à un devoir civique diront certains. Non je ne pense pas. Le non-vote est également un droit et il est plus juste qu'un vote par défaut. Les politiques sont si loin de nous qu'aucun ne me donne envie de voter pour lui. Je préfère donc ne rien voter, et regarder les résultats le soir en m'imaginant le non-changement que créeront ces élections. Mon parti a donc largement remporté ces élections et pourtant, personne ne nous écoute. C'est triste.

  • "On ne tient pas compte ensuite du résultat des urnes", par Chantal - 50 ans

J'ai décidé de ne plus voter après le référendum contre le traité de lisbonne, largement désapprouvé par les Français, décision sur laquelle nos hommes politiques se sont assis. Inutile donc pour moi d'aller voter si on ne tient pas compte ensuite du résultat des urnes. Bien sûr, ça a surtout été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ; voilà quand même quelques années que j'étais dégoutée du comportement de la classe politique en général, même si mes valeurs syndicalistes restent à gauche.

  • "La démocratie ne devrait pas s'arrêter au soir du second tour", par Pascal D.

Les hommes politiques sont déconnectés de la réalité, une fois les élections passées, ils prennent des décisions sans se soucier de l'opinion du peuple. Les deux partis majoritaires organisent les élection de manière à pouvoir cumuler des postes et servir les intérêts d'une minorité. Les électeurs des "petits partis" sont ignorés. Ils n'ont pas d'idées nouvelles ou de vision à long terme. La gauche ou la droite c'est la même chose, c'est toujours du gaspillage et des nouvelles taxes. La démocratie ne devrait pas s'arrêter au soir du second tour...

  • "Je veux une gauche plus réaliste", par Marianne G.

J'ai volontairement boudé les urnes ce dimanche. J'aurais pu voter blanc, mais d'une part, le vote blanc n'est toujours pas comptabilisé comme un vote (ce qui explique pourquoi tant de gens ne font pas l'effort de se déplacer) et d'autre part, j'ai voulu renvoyer à la gauche, que je soutiens habituellement, le sentiment de désertion que j'éprouve en ce moment face à sa politique. J'en ai assez de ces petites querelles de cour de collège qui dure depuis l'élection de Sarkozy. Au lieu de regarder devant elle, la gauche regarde de biais, donne des coups de coude à ses petits camarades de l'UMP, fait la turbulente. Ce n'est PAS un comportement constructif, ce n'est PAS un projet politique. La gauche exprime une suffisance, un sentiment de supériorité idéologique qu'actuellement rien ne justifie. Son projet est un projet de réaction et non d'action: elle veut lutter contre l'UMP au lieu de proposer elle-même une véritable réforme en accord avec les problematiques contemporaines.

Les concepts qu'elle brasse sont désuets, les solutions utopiques. Je veux une gauche plus réaliste, une gauche qui sait jongler avec le capitalisme et une Europe aujourd'hui de droite. Je veux une gauche qui résiste dans la jungle du monde moderne. Une gauche moins people: pitié, virez Ségolène, qui a enfoncé le parti dans l'individualisation de la politique. Vu le score du FN, j'irai évidemment voter pour le deuxième tour. Mais que la gauche agisse enfin. Dans le monde réel, pas au pays des merveilles.

  • "Campagnes sournoises, attaques personnelles, alliances opportunistes" par 2012

Je ne suis pas allé voter pour la première fois depuis que je suis en age de le faire. J'ai souhaité ainsi adresser un message aux politiciens de tous bords accrochés à leurs précieux privilèges et qui s'éloignent inexorablement des réalités du quotidien de la grande majorité des français. Campagnes sournoises, attaques personnelles, alliances opportunistes, manque de transparence, doubles mandats. Plus rien aujourd'hui ne me permet de croire qu'il y a encore des gens en France qui font de la politique parce qu'ils veulent servir le pays, les citoyens. Même le cher François Bayrou en qui j'ai un temps cru est tombé dans le marketing politique pour essayer de préserver ce qui pouvait encore l'être...

(...) Je retournerai voter le jour où nous changerons la façon de faire de la politique en France, avec plus de transparence, et des élus au service des citoyens

  • "Les partis politiques ne sont plus majoritaires" par Jean-Michel B.

Si je ne vais pas voter, c'est parce que cela ne sert à rien. Le discours des partis représente pourtant un panel complet qui devrait satisfaire tout le monde, et j'y trouve encore ce qui me plait en picorant ça et là. Mais le discours n'est plus que du vent, des promesses, et seules quelques-unes de ces promesses seront tenues, au hasard des possibilités ou des pressions. Soit les promesses sont éxagérées, soit la volonté de les appliquer manque, mais en tout cas pour moi le politique ne fait pas ce qu'il dit, et c'est pour cela que je ne le considére pas. La leçon est pourtant évidente, les politiques ne sont plus majoritaires en France, ils ne représentent plus la majorité du peuple. Cette élection devrait étre invalidée, pour manque de quorum.

  • "Je m'abstiendrai aussi au second tour" par Alain F.

Je me suis abstenu hier pour marquer mon désintérêt des politiques et de la lassitude que j'éprouve à les voir chercher à exister pour conserver leurs acquis au lieu de chercher ensembles des solutions pérennes pour sortir la France du marasme et de sa quasi-faillite. Il ne doit pas manquer dans les différents camps de personnes compétentes pour enfin construire une politique valable. L'affrontement gauche-droite quand on déplore 1500 milliards d'euros de dette c'est puéril et dépassé. (...) Jusqu'à hier j'avais toujours voté à droite. (...) Pour le second tour, ma position ne changera pas, je m'abstiendrai en espérant que l'abstention progresse encore.

  • "Je ferai mon travail de citoyen lorsque nos élus feront leur devoir" par Quentin

Je réside dans une autre région que celle où je suis listé le temps d'un stage. Les procédures pour voter par correspondance sont pénibles, surtout que je n'ai pas vraiment le loisir d'y consacrer du temps. A quand un vote sécurisé et simple par internet ? J'arrive à la fin d'un cursus d'ingénieur de cinq ans, et je dois déjà me préoccuper de trouver un emploi. Mon pays n'a apparemment rien à m'offrir, moi qui pensait que des études aideraient.

Je suis pour la démocratie, mais pas comme ça. Je ferai mon travail de citoyen lorsque nos élus feront leur devoir de représentants du peuple.

  • Déçu par la politique de Sarkozy, par Antoine-Frédéric F.

Electeur traditionnel de la droite, chef d'une petite entreprise, j'avais fondé des espoirs certains sur la rupture annoncée par Monsieur Sarkozy en mai 2007. Hélas, comme tant d'autres, je n'ai rien vu d'autre que le triomphe des idées interventionnistes défendus par le (mauvais) conseiller Guaino, le retour des chimères étatiques d'un Etat désargenté, l'absence totale de direction claire sur le plan économique, l'omniprésence d'un homme manifestement dépassé, la non exécution des promesses électorales de droite, l'ouverture systématique aux dinosaures de gauche, une politique économique soit compassionnelle ou en coups de mention ridicules (Estrosi et Renault, Estrosi et heuilliez, Estrosi et la suite,...), la continuation de l'écrasement des classes moyennes inférieures et supérieures sous les charges, les impôts,.. conduisant à leur paupérisation définitive, la fin programmée de l'identité nationale dans certaines zones de ce même territoire national,... bref aucun redressement en vue, la continuation du plongeon. Autant que ce soit les socialistes qui l'assument ce plongeon, après eux ce sera le temps du nettoyage. Monsieur Sarkozy n'était pas fait simplement pour ce job. Au revoir, Monsieur Sarkozy. Good bye and good luck, comme on dit dans un film !.

  • "Le système n'est pas adapté", par Frédéric C.

J'ai 29 ans et pour la première fois de ma vie, je n'ai pas voté dimanche. Je parle de ma situation car dans le débat sur l'abstentionnisme on n'aborde jamais la question de l'abstention "non voulue". Je suis Aquitain et à cause d'un entretien d'embauche sur Paris qui s'est organisée dans la semaine je n'ai pu rentrer à temps dimanche soir pour voter.

Je regrette donc que le système démocratique peine à s'adapter à la forte mobilité de nos concitoyens et à nos nouvelles façons de vivre. Les absences au bureau de vote ne sont pas toujours choisies contrairement à ce que l'on peut entendre. Alors pourquoi ne pourrait-on pas mettre en place le vote électronique ? J'aime le coté cérémonial du bureau de vote mais plutôt que de ne pas voter je préférerai largement la froideur d'un "i-vote".

  • J'irai voter FN au second tour, par Jean-Luc M.

Manque de motivation pour ma part. Nicolas Sarkozy, avec ses mensonges nous a à tous, je pense, donné une image néfaste de la politique. Pour ma part, je préfère attendre le premier tour, pour aller voter au second. Le FN a eu une monté extraordinaire, mon vote sera donc pour le FN !

  • L'UMP ne représente plus la droite... par Jeanne F.

Nous sommes une famille, habituellement des électeurs de droite (UMP). Or nous ne nous sentons plus représentés par aucun partis des en lice. Nous attendions de l'UMP une défense des valeurs traditionnelles françaises, une protection de la famille. Or il est question de réduire le congé parental rémunéré de 3 ans à 1 an, de travailler le dimanche, et d'autoriser le mariage homosexuel. Une lutte réelle contre l'islamisme en France. La triste affaire du quick de Roubaix aurait permis de mettre un coup d'arrêt symbolique à ce que les musulmans nous imposent : zéro réaction du gouvernement. Nous aurions volontiers voté FN, mais le racisme nauséabond qui se dégage de ses militants nous répugne. (...)

  • "Le jeu politique me fait un peu peur", par Emmanuel G.

A 31 ans, je ne suis jamais allé voter. Non pas que je sois indifférent à la politique, simplement, je crois que je n'ai jamais été convaincu par un homme, une femme, ou un parti politique. Mais aujourd'hui, mon abstention a pris un caractère bien différent; elle est le fruit d'un regard sur le jeu politique qui me fait un peu peur.
Pour faire simple, on va dire qu'aujourd'hui, l'échiquier politique comporte les deux grandes "forces" que sont l'UMP et le PS, la fameuse "gauche et droite", mon cœur, mes idées sont généralement plutôt à gauche, voire extrême gauche en général. Aujourd'hui à gauche, c'est simplement le désert, pas d'idées, pas vraiment de mouvement, et même si Mme Aubry a l'air de mettre un peu d'ordre, c'est encore très timide.

  • "La première fois de ma vie que je ne vote pas" par Jean-Michel G.

Je suis furieux contre Nicolas Sarkozy car c'est la première fois de ma vie que je ne suis pas allé voter mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour exprimer mon désaccord contre une politique où "l'ouverture" se fait au détriment de ses propres amis politiques, où la couleur de peau tient désormais lieu de brevet de compétence contre les idées de méritocratie républicaine auxquelles je suis attaché et où la politique succombe aux modes comme celles de l'imposture climatique avec cette nuisible taxe carbone. Manifestement mon abstention n'a pas été comprise, aussi je vais devoir récidiver dimanche prochain. Et je ne voterai plus jamais pour Nicolas Sarkozy...

  • "Pourquoi leur faire croire qu'ils nous intéressent ?", par Thomas S.

Oui, je suis lamentable de ne pas être allé voter. Oui, le droit de vote est pour moi quelque chose de fort, qu'il faut préserver en montrant qu'il est utile, en allant aux urnes. Cependant, avec des hommes politiques qui jouent la carte de la célébrité, qui usent de discours ponctuels sans jamais expliciter l'enchainement logique de leur décision, ni leur objectif à atteindre et les différentes étapes pour y parvenir, pourquoi leur faire croire qu'ils nous intéressent ?

  • Ne votons plus !, par Marie-Emma

J'ai toujours voté depuis l'âge de 18 ans. A droite, et une fois à l'extrème droite. Aujourd'hui à 40 ans je fais le choix de ne plus voter,car ça fait un peu trop longtemps qu'on se fout de nous et que nos politiciens usent de tout pour nous utiliser. Ils ne pensent qu'à leurs poches et non au peuple. Ils oublient qu'ils nous doivent leur position. Ils se déchirent comme des gosses dans une cour de récréation, sans scrupules ni respect pour eux même à fortiori les autres. Pour moi, aujourd'hui le peuple à le choix : ne pas voter! Leur faire comprendre qu'on ne veut plus d'eux. En France, les gens font carrière en politique, et assurent la carrière de leur descendance ; ça ne devrait pas exister. La France est devenue un pays de favoritisme pour certains et d'aide sociale pour d'autres. Et quel autres? Elle laisse crever les siens au seuil de sa porte. Nous faisant croire qu'il existe une certaine crise, laquelle par ailleurs a bien favorisée certains chefs d'entreprise et les banques. Réveillons-nous enfin ! Ces gens dépendent de nous en nous faisant croire le contraire. Marquons l'histoire : ne votons plus.

Otro artículo de Vidal-Beneyto

José Vidal-Beneyto, "La corrupción de la democracia", El País, 12-XII-2010

La corrupción es hoy una pandemia que todo lo invade, que todo lo pervierte. La vida política, la realidad económica, las prácticas sociales, las acciones del gobierno, los modos y fines de la sociedad civil, la esfera del ocio, el mundo del trabajo, los múltiples procesos culturales en los que intervienen y la inmensa mayoría de los que afectan a los seres humanos en su conjunto son, cada vez más, objeto de estragamiento en sus fines, de adulteración en sus modos, de perversión total de su naturaleza y objetivos. Es esta cuestión, por la que, hace tiempo, me siento muy concernido, y a la que he dedicado, conjuntamente con el crimen, 34 artículos en este mismo

Pero ahora, más allá de esa atención a la gestión adulterada del ejercicio de la democracia, en que se ha centrado mi análisis, quiero abordar la problemática de su corrupción radical, es decir, de la corrupción de su naturaleza misma, que ha transformado su triunfo en una lamentable estafa. Que ha sido consecuencia de la intervención de las condiciones dominantes, estructurales e ideológicas de la sociedad actual, en su práctica operativa. Los pensadores de la izquierda radical han abordado esta cuestión con profundidad y eficacia. Jacques Rancière en El odio de la democracia; Alain Badiou en ¿Se puede pensar la política?; Zizek en El Parallax; Kristin Ross en Mayo del 68 y sus vidas ulteriores; Daniel Bensaid en Marx, modo de empleo; y Wendy Brown en El vestido nuevo de la política mundial, más allá de la descalificación del presente ejercicio de la democracia, han entrado en el análisis del porqué de su deriva. Es decir, de cómo el triunfo absoluto de la democracia, su dominación omnímoda ha equivalido a su perversión irrecuperable; de cómo hemos pasado, en palabras de Rancière, de la democracia parcial y triunfante a la democracia total pero vendida y criminal.

Rancière apela al legado de la Grecia antigua, que reservaba la denominación de demócratas a quienes postulaban la ruina de la ciudad, al confiar su gobierno a la muchedumbre, en lugar de confiarlo a quienes lo merecían por su nacimiento o sus competencias. Para Rancière este planteamiento clásico tiene como objetivo principal la conciliación de dos fines, que sus formuladores consideran, no sólo compatibles sino esencialmente complementarios: el gobierno de los mejores y el de aquellos que defienden el orden social impuesto por los propietarios.

Gracias a la conjunción de ambos protagonismos y a la feliz combinación de las leyes e instituciones que impone la democracia, la clase dominante -burguesa y propietaria- dispone de los instrumentos necesarios para ejercer su dominación y dar, además, cabida a todos los deseos sin cuenta de la sociedad de masa moderna.

Ahora bien, frente a este planteamiento, que coincide con lo que se califica como democracia formal, en el que la libertad y la igualdad se reducen a lo que se establece en el marco de la Ley y del Estado, y que ha conseguido multiplicar los fallos y las disfunciones, así como aumentar y radicalizar las crisis y fragilizar la gobernabilidad de la democracia, nos encontramos en una situación, que define la conocida afirmación, de que "la democracia es el peor de los gobiernos, exceptuando a todos los demás". Con lo que los demócratas más realistas, a la par que exigentes reivindican una nueva modalidad democrática. Frente a las reservas y reticencias democráticas de mis amigos, los representantes de la izquierda radical, yo que soy un incurable demócrata que no puede resignarse al arrumbamiento de la democracia, me he incorporado al pelotón de los que intentan relanzarla. Este intento busca realizarse en las formas mismas de la vida material y su más visible concreción serán los comportamientos cotidianos de los individuos, que apuntan al cumplimiento de sus necesidades y expectativas más urgentes e imperativas.

Sin embargo, sólo la conjunción de realismo y exigencia podrá permitirnos superar la impotencia democrática a que nos condenan las tres características dominantes de la sociedad actual. En primer lugar, la glorificación del individuo, con la afirmación sin limites del yo, del sí mismo que cancela la existencia de los otros y de lo otro, absolutiza el individualismo e instituye esta avasalladora auto-celebración, este narcisismo plenario en el ideal de la existencia humana, destruyendo todos los vínculos sociales e incluso la mera referencia al otro. Zygmunt Bauman ha desarrollado el concepto de liquidez social para describir esta fragilización de todos los lazos sociales y de las formas más eminentes de las relaciones interpersonales. Entre ellas, y de manera principal, la sustitución del amor por la consideración del cálculo costo/beneficio, de acuerdo con el cual, los miembros de cada pareja deciden clausurar o continuar su ejercicio amoroso. Lo mismo habría que decir de la implosión de la familia, responsable del extraordinario aumento de la soltería; del dramático destino de los viejos, convertidos en verdaderos desechos de la sociedad; para no hablar de la mercantilización de los nuevos ámbitos convivenciales, como las redes de sociabilidad, los espacios de encuentro o los mercadillos de bebés y de óvulos.

Frente a esta degeneración, George Orwell, ya en su tiempo, y en el nuestro Christopher Lasch nos proponen recurrir a la common decency, a la decencia ordinaria, que debe ayudarnos a agruparnos según afinidades e intereses altruistas; o incluso a recuperar la dimensión de lo colectivo y de la solidaridad espontánea, que Toni Negri y Michael Hardt defienden en sus obras Empire y Multitude. El mismo Lasch por haberse convertido en monadas herméticas, entregadas al ombliguismo de su sola celebración, después de haber reprobado todo tipo de responsabilidad más allá del de su preciado yo y sus predilecciones. Como canta Carla Bruni "tú eres mi única droga". Desde ahí, Narciso consagra la riqueza como el objetivo permanente de la existencia y con ella y a su través, convierte la satisfacción consumista, que Baudrillard descalifica, en La sociedad del consumo, pero que el capitalismo eleva a la condición de eje central de la existencia humana, en causa mayor de la realización principal de toda sociedad, quizá democráticamente injusta, pero económicamente satisfactoria e ilimitada, de acuerdo con la lógica del capital.

Conviene añadir que esa lógica que es la del mercado, está anclada en la escasez y en el egoísmo a las que hay que oponer el don y la gratuidad, también ilimitadas, pero susceptibles además de hacer posible y de consagrar la diversidad. Aunque sin olvidar, que la mitificación de lo diverso, proscribe lo igual y que la prédica del pluralismo, esconde casi siempre, como sostiene Walter Benn Michaels (en The Trouble with diversity cuando escribe "múltiple sí, pero a mi modo"), una incoercible voluntad de dominación. A lo que cabría añadir, que una de las causas principales de la crisis de la democracia es el incontrolable crecimiento de las demandas que se dirigen a los gobernantes, derivadas de la pluralidad/multiplicidad de opciones, ideológicas y políticas, que tienen su origen en la sociedad y buscan en ella su imposible satisfacción. La cuidadosa ocultación de esta imposibilidad y su embellecido travestimiento por la retórica política y por las incumplibles promesas de los políticos es hoy la más frecuente y penosa de las formas de corrupción de la democracia.

Artículo del fallecido sociólogo Vidal-Beneyto


José Vidal-Beneyto, "Comunicación e influencia", El País, 2-VI-1979

La impunidad y la ignorancia han hecho de la comunicación el sector más maltratado de la realidad social. En su ejercicio y en su análisis. No hay político ni intelectual, en ciernes o en sazón, que resista el cosquilleo de pontificar sobre la manipulación de la opinión pública, la peligrosidad de los mass media y la condición todopoderosa de la TV. Sin preocuparse, en absoluto, por asentar sus afirmaciones sobre esos mínimos conocimientos técnicos que evitan que un tópico se convierta además en una necedad. ¿Cómo cabe afirmar, por ejemplo, cual hizo un ex ministro y catedrático de Derecho Político en el último programa de «La clave», que con TV no hubiera existido el 18 de Julio porque el televisor impide ese tipo de conductas colectivas, después de los convincentes análisis de Majid Tehranian sobre el rol combinado de la televisión y de las radiocassettes en los acontecimientos iraníes del último año?

Hace casi un siglo que los comunicólogos comenzaron a estudiar, a uno y otro lado del Atlántico, de forma empírica -Speed (EEUU, 1893) y Nousanne (Francia, 1902)- las relaciones entre medios y efectos de la comunicación, que parecen ser la obsesión de nuestros políticos. Y a partir de entonces algo hemos aprendido. De la inicial polarización antagónica -omnipotencia frente a relativa impotencia de los medios (HovIand, 1954)-, pasando por la hipótesis del. comportamiento selectivo (Clapper, 1960), y por la teoría de los usos y gratificaciones (Lundberg y Hulten, 1968), se ha desembocado en una tipología diversificada y compleja (por ejemplo. Dennis Macquail, 1977, y Veikko Pietilä, 1978), en la que se hacen depender la influencia y los efectos, de la clase de medio, de la naturaleza del mensaje, de la receptividad genérica del grupo, de la disposición del receptor en su relación específica con el contenido vehiculado, etcétera.

Desde este modesto pero fehaciente patrimonio del saber de la comunicación -que nuestros licenciados en ciencias de la Información aspiran a utilizar en servicio del país y de sus políticos, aprovechando la ocasión para salir del paro-, puede sostenerse con una razonable fiabilidad (avalada por una abrumadora evidencia empírico-analítica) que la influencia de la TV, en las representaciones colectivas y en los comportamientos públicos de los ciudadanos, pasa siempre por la mediación de los diversos grupos formales e informales a los que están incorporados. Y de las personas que dentro de ellos gozan de mayor prestigio, a los que los analistas anglosajones calificaron, hace ya tiempo. como líderes de opinión. De aquí que haya,que prestar a estos últimos singular atención.

Ahora bien, estamos asistiendo al fenómeno, aparentemente contradictorio, de que la retracción general de la comunicación escrita -la disminución, en términos absolutos y relativos, de los lectores de periódicos, en nuestro país y fuera,de él, prosigue día a día y parece ya imparable- es simultánea con el papel cada vez más determinante que cierto tipo de prensa desempeña .en la producción de creencias, valores, normas y comportarnientos de las minorías rectoras. Y a su través, de los grupos sociales y de la opinión pública.

En efecto, los llamados periódicos de élite, de calidad, de prestigio, etcétera, parecen ser hoy (Seymour-Ure. 1975) los instrumentos más decisivos para la conformación de la opinión pública, gracias, justamente, a los líderes de opinión. Esa prensa, que yo, por mor de claridad, designo como de influencia dominante, tiene, a pesar de las evidentes disparidades según países y áreas, rasgos comunes que la diferencian de los periódicos de masa. En primer lugar su tirada, que no es la mayor de su contexto pero que está entre los cuatro primeros diarios, lo que la distingue netamente de las publicaciones periódicas superselectas y semiconfidenciales. Desde un punto de vista formal hay que anotar luego: elevado número de páginas, tipografía austera, inexistencia o reducido número de fotografías, titulación sobria, publicidad especializada y relativamente poco llamativa, etcétera.

En cuanto al periódico como texto, destaca el enfoque particular del espacio, con una ponderación distinta de las secciones, énfasis especial en la información internacional y en la economía, dilatado universo léxico, estructuras sintácticas complejas, modos estilísticos en los que aflora el preciosismo. la tecnicidad, una cierta voluntad pedagógica, resonancias elitistas, la indeterminación del locutor afirmativo (el «se dice» en lugar del «yo digo»), etcétera.

Por lo que se refiere al mundo del trabajo, los agentes productivos tienen altos niveles de capacitación técnica, con frecuente titulación universitaria, conciencia de grupo muy desarrollada, relaciones intraprofesionales intensas, una ordenación jerárquica atenuada y la tendencia a organizarse en conjuntos autodecisorios. Los colaboradores libres, por su parte, son muy numerosos y responden a un amplio espectro temático e ideológico.

Los indicadores funcionales son los criterios más indiscutibles. Entre ellos, sobresalen el rol de consulta obligada que cumplen respecto del resto de los medios de comunicación, incluidas las otras publicaciones periódicas, la función de plataforma privilegiada para la expresión corporativa de las asociaciones y grupos de alcance nacional y la vigencia referencial que asumen en el ámbito de la Administración pública y en las cancillerías extranjeras, tanto en el interior como en el exterior del país.

Por lo que toca a la ideología existe una amplia gama de posiciones que oscilan desde la derecha al centro izquierda, entendiendo estas designaciones, claro está, en función del ámbito en el que se producen. Sin embargo, lo que comparten todos los periódicos de influencia dominante es su total identificación con los intereses últimos y con los elementos esenciales del sistema social en el que están y del que son el más eficaz soporte y la más válida confirmación. El Neue Zürcher Zeitung y Le Monde, que se permiten disentir tan ampliamente en tantos temas, apiñan sus coincidencias cuando se trata de juzgar al comunismo, de apreciar al capitalismo y más globalmente en toda la problemática económica. Ahí no caben juegos.

Por lo demás, lo que parece que otorga históricamente a un diario su posición dominante es la de ser o haber sido intérprete de las aspiraciones del sector más dinámico de la clase dominante, en el ejercicio de las exigencias de actualización de las virtualidades-latencias del sistema. El Frankfurter Allgemeine Zeitung o la aspiración liberal de la Alemania ex nazi y derrotada, Le Monde o la modernización de Francia en la última posguerra, el Neue Zurcher Zeitung o la respetabilidad de la gestión empresarial suiza, EL PAÍS o la transición democrática desde el poder y sin ruptura, etcétera. Eso es lo que importa. Frente a ello, los devaneos de algunas secciones o artículos son diversión o coartada.

Pero si esto es asi ¿quién condiciona a quién? ¿El diario al sistema o el sistema al diario? Y más allá, cabe constituirse en medio de influencia dominante sin confundirse con los que dominan? ¿Qué quiere decir y qué función cumple hoy la opinión pública en la práctica de la dominación ideológica? Estos creo que son los grandes temas a debate.

Frustraciones de cinéfilo


Hay grandes películas que nunca he podido llegar a ver y creo que me quedaré con las ganas, porque son muy difíciles de conseguir. Las he encontrado al repasar las listas de "las cien mejores películas de..." que andan por Internet. Stalker, de Andrei Tarkovski; Crash, de Paul Haggis; La tumba de las luciérnagas, de Yasuhiro Takahata; Cuentos de Tokio, de otro Yashuhiro, Ozu; de comedias, (ya se sabe la frase del famoso actor: "Morir es fácil: la comedia es difícil", Sucedió una noche, de Frank Capra; Picnic en Hanging Rock, de Peter Weir; La patrulla perdida, de John Ford; Ángeles del infierno, de Howard Hughes; La gran ilusión, de Jean Renoir; La vida de los otros, de Florian Henckel; La cinta blanca, de Haneke. Otra frustración, esta televisiva: tener los episodios de Luz de luna y de Retorno a Brideshead... Qué tiempos.

En busca del viernes

Borja Vilaseca, El País, 14-III-2010:

"Nadie es más esclavo que quien falsamente cree ser libre" (Johann W. Goethe)

Para millones de españoles hoy es un día triste: mañana vuelve a ser lunes. A primera hora sonará el despertador y se levantarán de la cama a regañadientes para ir a trabajar, entrando en una rueda de la que no saldrán hasta el viernes por la tarde. Y dado que las empresas siguen creyendo que la "gestión tóxica" de sus colaboradores es la más eficiente para multiplicar sus tasas anuales de crecimiento y lucro, para muchos la palabra "trabajo" sigue siendo sinónimo de "obligación", "monotonía", "cansancio", "aburrimiento" y "estrés".

De hecho, la gran mayoría de la población activa española trabaja porque no le queda más remedio. Es una simple cuestión de supervivencia económica. Por medio del control del capital, que se traduce en el pago de salarios a finales de cada mes, las empresas se han convertido en las instituciones predominantes de nuestra era. No sólo condicionan y limitan nuestro estilo de vida, sino que son dueñas de nuestro tiempo y de nuestra energía. Incluso hay quien dice que la esclavitud y la explotación no se han abolido. Tan sólo se han puesto en nómina.

Como consecuencia de este contexto socioeconómico, cada vez más trabajadores detestan su empresa, no soportan a su jefe y odian su profesión. Lo cierto es que muchos están dejando de creer en la felicidad. Basta con ver la cara de la gente por las mañanas en los vagones del metro o en los atascos de tráfico. Algunos sociólogos afirman que padecemos una epidemia de "falta de sentido", lo que a su vez está ocasionando una enfermedad psicológica, más conocida como "vacío existencial". Debido a esta saturación de insatisfacción colectiva ya hay quien nos define como "la sociedad del malestar".

Esta situación es especialmente alarmante en el ámbito de la consultoría, la auditoría y los grandes despachos de abogados. Lo curioso es que se trata de sectores donde, en general, los profesionales han tenido la oportunidad de estudiar en la universidad y de cursar un MBA en alguna escuela de negocios. Y no sólo eso. A diferencia de la mayoría, los jóvenes de entre 22 y 30 años de edad que ahora mismo pueblan los despachos de estas corporaciones han gozado del privilegio de elegir su carrera profesional.

A pesar de trabajar en conocidos edificios de oficinas y de vestir elegantes trajes y corbatas, son sectores profesionales donde la explotación está a la orden del día. En el contrato laboral de estos jóvenes ejecutivos se estipula que el horario es de nueve de la mañana a siete de la tarde, pero normalmente hay tanto por hacer que nadie se marcha antes de las nueve de la noche. En algunos casos, la jornada se alarga hasta las dos de la madrugada. Con el tiempo, muchos se acostumbran, como si no tuvieran alternativa.

Cuando las puntas de trabajo disminuyen, tan sólo los empleados más valientes se atreven a salir a su hora, siendo demonizados por sus jefes y ganándose, además, la desaprobación de alguno de sus compañeros. De ahí que prevalezca el calentar la silla, que consiste en quedarse sentado delante del ordenador haciendo ver que se trabaja hasta que empieza a irse todo el mundo a casa. Como antídoto contra el aburrimiento, muchos navegan y chatean durante esas horas muertas por las redes sociales, entre las que destaca Facebook. Están de cuerpo presente, pero de mente y corazón ausentes.

Otro rasgo en común de este ámbito laboral es la falta de ilusión, de motivación e incluso de interés por el trabajo que se desempeña a lo largo del día. Muchos profesionales reconocen que no saben cuál es su función ni su cometido, y otros, debido al cansancio acumulado, van literalmente arrastrándose por los pasillos. En general, muy pocos creen en lo que hacen. Pero siguen fichando cada lunes. Dado que no han descubierto cuál es su propósito existencial ni su vocación profesional, terminan atrapados en las mazmorras del conformismo y la resignación. No les gusta lo que hacen, pero tampoco tienen ni idea de lo que les gustaría hacer. Y esta falta de dirección y de sentido los mantiene anclados en el malestar.

Eso sí, desde fuera, su profesión es valorada, reconocida y respetada por la sociedad. Sin embargo, esta percepción social no tiene nada que ver con la realidad. Estos jóvenes ejecutivos malviven presos en jaulas de oro. Al no cuestionar su situación, ni atreverse a seguir su propio camino en la vida, son víctimas y verdugos de sí mismos, de sus miedos e inseguridades. Y mientras tanto, en los despachos de arriba, donde habitan los altos directivos que los controlan, hace tiempo que se les bautizó perversamente como "tontos útiles".

Por un sueldo medio de entre 1.100 y 1.800 euros al mes -una miseria en relación con lo que sus empresas cobran a los clientes por sus servicios-, estos jóvenes entregan literalmente su vida a la corporación que representan. Algunos llevan quemados tanto tiempo, que terminan causando baja por depresión, abandonando este tipo de organizaciones por la puerta de atrás. Pero muchos se quedan toda la vida, subiendo un escalón tras otro por una escalera que creen que les conducirá al éxito y, en consecuencia, a la felicidad. Sin embargo, por el camino se pierden a sí mismos.

Desconectados de los valores que nos hacen verdaderamente humanos, finalmente llegan hasta la cima, donde son nombrados socios y remunerados con abultados sueldos. Y desde su nueva posición de poder imponen las mismas nocivas condiciones laborales a sus colaboradores, reproduciendo una cultura organizacional tan destructiva como carente de sentido. Para estos ejecutivos mañana todo volverá a comenzar. Y muchos de ellos, nada más reencontrarse en la oficina, se saludarán de forma breve, pero elocuente:

-¿Cómo estás?

-De lunes. ¿Y tú?

-Con ganas de que llegue ya el viernes.

martes, 16 de marzo de 2010

Anaís en Berlín

Está todo nevado, de suerte que mi hija ha tenido que comprarse un sombrero ruso para que no se le enfríen las orejas; treinta euritos le ha costado; allí en Berlín es como siempre: alumnas que no dejan dormir, hablando toda la noche; yo mismo me he visto en esas. Va con su amiga china, Liu, que se ha despistado y, si no la llama mi hija, casi no coge el avión ; creía que era a otra hora. Iban también Roco y tres profesoras (las mujeres aman viajar, aunque no vayan a ninguna parte); espero que les guste Postdam; el rococó prusiano tiene algo de tétrico, no es tan festivo como el francés; son demasiado ordenancistas, no como los bávaros, y hasta cuando quieren divertirse lo hacen en grupo; son los japoneses de Europa, no me extraña que se llevaran tan bien con ellos. Con esto he visto por primera vez el aeropuerto de Ciudad Real. Estábamos esperando que nos llevara el autobús desde la estación, pero pasó de largo sin vernos y ni siquiera sin hacer parada protocolaria. Al final tuvimos que ir en coche. Es mucho aeropuerto para tan poco avión, tan poca ciudad, tan escaso tráfico. Sólo había un par de avionetas y dos aviones medianos, y un sólo vuelo previsto en toda la tarde. Si pudiera funcionar más, estupendo; parece que ahora es patrimonio de Arabia Saudita; los árabes compran bicocas donde las ven. Me repongo de la tristeza que me acomete al volver; mi familia ve una película que les he seleccionado, El misterio de la villa; el argumento, ambientado en la Firenze del fascismo, procede de uno de mis autores favoritos, Somerset Maugham; no lo han desvirtuado; ahí estan, reconocibles, sus siempre sólidos caracteres, sus diálogos perfectos, la verdadera humanidad de sus situaciones; los actores se sienten inspirados con tan buen material y lo bordan. Maugham y Scott Fitzgerald son los únicos que ofrecen una visión real, sin desfiguraciones, del paisaje humano del primer tercio del siglo XX, pero Maugham es más cosmopolita y se traslucen las sombras de su homosexualidad; en algunos de los diálogos uno podría sustituir al amante por un chapero. Al final relumbra por primera vez la sonrisa de la pobre protagonista, creo que de forma intencional; en el fondo se esconde un dilema ético muy profundo.

Médicos

Salí de casa y me crucé con una rubia preciosa provista de un canastillo de mimbre; después una mamá igualmente adorable ha pasado desfilando con su orgulloso cochecito de gemelos. Tenía que ir al Hospital General a hacerme un ecocardiograma; me llevó el autobús al edificio mostrenco, rodeado de farolas de estambre bimembre, como brotes de judías. Dentro, bajo el ikebana de las consabidas macetas bonsay, el suelo era un centón o capisayo maniaco de trapecios. Muy cordiales, los especialistas me dijeron que me tumbara sobre el costado izquierdo, la mano en la nuca, y me quedé mirando un póster, afiche o cartel de la iglesia de San Carlos del Valle; ¡hasta para esto siempre tengo que estar mirando al siglo XVIII, joder! Luego el explorador, provisto de un puntero agudo como un lápiz, me ha estado clavando la lanza como un Longinos para atisbar los recovecos de mi órgano propulsor; durante sólo un momento se ha oído sonar mi corazón como una rana croando; no más he escuchado algo parecido a los alienígenas de La invasión de los ultracuerpos; por fin me han dado el informe, donde dicen que no se ve bien mi corazón, que es muy grande y concéntrico (debe ser muy opaco). La imagen que me han dado de mis entretelas cardiacas simula la estela de la luna en el mar; por lo menos es más romántica que el siempre nocturno, funéreo y carcelario panorama de las radiografías. Me preguntan si me controlo la tensión; contesto que no; me inquieren la razón; "no sé", afirmo, no muy convencido. Supongo que no me importa demasiado. Hay muchas cosas que no me importan y mi mayor temor es que no lleguen a importarme las únicas que sí: mis hijas, mi mujer; hay veces en que llego a sospechar que podría vivir sin ellas u olvidarlas; eso aniquila por completo mi fe en la naturaleza humana, pero me niego a creerlo. Por demás, los atentos especialistas no han visto sino lo que ya veían; debe haber un trámite para las cosas de corazón, acaso. La manguera de mi aorta estará algo más desenchufada y yo un poco más cerca del infarto. Después pido cita para el traumatólogo; me fijo en la auxiliar, que es grácil y esbelta, se levanta y vuelve y sabe posar muy literariamente, en jarras, un pie por delante, como si fuera a saludar a lo petimetre. La gente, ancianitas lo que más, va en parejas; también abundan los aldeanos atónitos y palurdos de Antonio Machado y las jovencitas pinas, jevis o vaporosas. Es toda una ensoñación para la mirada opulenta y el palabreo.